6 juin 1944 - photographies de Jacques Villain

Jacques Villain photographie depuis quatre ans les cérémonies organisées dans notre région autour du Débarquement.

Observateur attentif et curieux, Jacques Villain a su capter de
jolis moments en présence de vétérans britanniques et américains, ainsi que des paysages insolites comme ces statues de sable surprises au petit matin sur la plage d’Utah.

Vétéran

De jolis moments… © Jacques Villain

Il nous livre trente clichés de grande qualité et tous emprunts de sensiblité, à voir à la médiathèque, salle Tom Porcella, jusqu’au
10 juillet.

Statues de sable sur la plage d'Utah

Comme ces statues de sable… © Jacques Villain

On en parle dans la presse…

Jacques Villain à Picauville

Enfant, Jacques « aurait voulu être photographe »… Il est devenu courtier en vins près de Saint-Malo suivant son père marchand de boissons, à Saint-Hilaire-du-Harcouët (sud Manche). Aujourd’hui, si ce grand gaillard sillonne la France avec bonhomie pour vendre ses crus, il n’a pas abandonné ses rêves d’enfant. Et jusqu’à dimanche, il s’est tracé, sur sa carte routière, un planning de Premier ministre : Utah Beach, Colleville, Bénouville, Sainte-Mère-Église… Tous soulignés en vert fluo. Chaque année, ce sont quatre jours passés à l’hôtel et au restaurant, pendant lesquels « rien d’autre n’existe. Je ne suis qu’un œil qui regarde et un doigt qui déclenche. »

Il y a dix ans, bien installé dans sa profession et dans sa vie, Jacques Villain renoue avec ses illusions de bambin. Il se fait de gros plaisirs en installant un laboratoire de 35 m² dans sa maison de Pleudihen-sur-Rance (Côtes-d’Armor) et en achetant des appareils photos argentiques en veux-tu en voilà. « Aujourd’hui, on les trouve pour presque rien. J’en possède trente, tous de grandes marques : du moyen au grand format… et six agrandisseurs. » Tel un pro. Pourtant, il se dit toujours amateur, avec « un côté collectionneur ». Sa passion l’a amené à effectuer des stages « à l’École supérieure de photographie d’Arles ».

Il s’est mis à photographier les cérémonies de la Seconde Guerre mais avec un œil de paix. « C’est dans ma commune que l’aventure a commencé en 2007. » Là se trouve une stèle à la mémoire d’Émile Boitard, le premier soldat allié tué le 6 juin 1944. « Pourquoi ne pas faire quelque chose, avais-je dit au maire ? »

Aussitôt dit, il monte une exposition. « Et dans la foulée, je suis venu en Normandie où j’ai découvert tout un monde que je ne connaissais pas : les vétérans, les associations de reconstitution, les grandes cérémonies… Très émouvant ». Il ne cherche pas à être avec les officiels, « mais à côté, pour voir autre chose » : un cœur dessiné à la hâte sur une borne de la Liberté ; un général américain tenant un vétéran par le bras, comme le fils soutenant son vieux père ; cet enfant arborant une crête d’Indien, assis benoîtement aux côtés d’anciens…

Jacques capte l’émotion, en noir et blanc « comme les photos de l’époque, avec le même grain, si possible »; il se faufile avec tact, s’invite avec élégance, s’introduit avec délicatesse, « par respect pour les personnes et les lieux ». Et lundi, ce sera dur, comme d’habitude, « de se replonger dans le quotidien du travail ».

© Ouest-France / Serge Hamel / Michel Coupard