La médiathèque de Picauville, qui est associée aux festivités organisées par la BDP et le conseil général de la Manche à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain normand Jules Barbey d’Aurevilly, expose une cinquantaine de photos de Jean-Michel Guillaud.

Ces très belles photos sont issues d’un travail réalisé depuis plusieurs années, en collaboration avec Sophie Lucet, maître de conférence spécialisée dans le théâtre, sur le thème du sentiment amoureux en Europe à l’époque de la Renaissance.

Jean Michel Guillaud et Sophie Lucet

Jean-Michel Guillaud et Sophie Lucet
© Ouest-France / Serge Hamel

Avant d’évoquer les amants de Tourlaville, Julien et Marguerite de Ravalet, les auteurs avaient déjà consacré des photodrames à Inès de Castro, la « reine morte », au Portugal, et à Vespasien de Gonzague, en Italie, autour du thème de la jalousie. Ces trois photodrames ont été publiés aux éditions de L’Inventaire.

Photodrame Les Amants de Tourlaville

Anne Coldefy-Faucard, professeur de littérature à la Sorbonne et traductrice d’auteurs russes, notamment Gogol, nous présente Les amants de Tourlaville :

Nous sommes à la fin du XVIe siècle. Vit alors à Tourlaville, non loin de Cherbourg, une famille de seigneurs venus de Bretagne, les Ravalet. Des hommes impitoyables, qui sèment la terreur partout où ils passent, de génération en génération. Hors voici que cette race maudite donne le jour à deux enfants de la plus stupéfiante beauté, le frère et la sœur, Julien et Marguerite. Pourtant, la tragédie des Ravalet continue, plus effroyable que jamais. Car ces deux enfants vont connaître l’un pour l’autre un amour si total qu’il les conduira à passer outre les tabous, jusqu’à l’inceste. Viendront ensuite le jugement, la condamnation et la mort…

De ce drame des « Amants de Tourlaville », Barbey d’Aurevilly tirait, à la fin de sa vie, une nouvelle : Une page d’histoire. De cette nouvelle (au demaurant fort laconique) et de ce qu’on raconte, de père en fils, du côté de Cherbourg, Sophie Lucet (spécialiste de théâtre) et Jean-Michel Guillaud (photographe) tirent, avec la complicité de Jean-Philippe Domecq, Pierre Morel et Jean-Luc Dufresne, un « photodrame ».

Patiemment, obstinément, les auteurs traquent les spectres d’amours si folles, si fortes, qu’elles ne pouvaient que tourner au drame. Ils mettent en scène photographiquement des légendes ou des mythes qui hantent la Mémoire d’Europe, sur les lieux mêmes qui leur ont donner naissance, conviant, par ce théâtre éphémère, le lecteur-spectateur à un voyage en « utopie ».

© L’Inventaire / Anne Coldefy-Faucard

Vidéo non imprimable
Reportage de France 3 Normandie
diffusé sur culturebox.france3.fr

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