Usagi Yojimbo - manga de Stan Sakai

Si, quand on vous dit rōnin, vous pensez d’emblée à un film avec Robert De Niro et notre Jean Reno national et que ça vous suffit, vous pouvez passer votre chemin sans regret.

Si, en revanche, le terme évoque pour vous le Japon médiéval et ses samouraïs, ou tout simplement si vous souhaitez creuser le sujet, n’hésitez pas à vous plonger dans Usagi Yojimbo.

Les personnages de cette série sont des furries – mot dérivant du français « fourrure » qui désigne les histoires mettant en scène des animaux en lieu et place des êtres humains –, mais le contexte est bel et bien celui du Japon de l’ère Edo, une époque où un gouvernement militaire avait pris le pas sur le pouvoir impérial.

Nous suivons donc les errances du lapin samouraï Miyamoto Usagi, rōnin de son état – un rōnin est un samouraï sans maître, contrairement au samouraï standard, qui est au service d’un seigneur et dont le nom signifie d’ailleurs « celui qui sert » –, n’ayant pour seule ressource que vendre ses talents en tant que garde du corps, ou yojimbo. Mais ses aventures vont bien au-delà de la simple protection des marchands : au cours de son vagabondage, Usagi va affronter des démons, des samouraïs renégats, ou d’autres plus justes, mais dévoués à des seigneurs corrompus, des ninjas, des conspirations entre clans rivaux, des chasseurs de primes plus ou moins scrupuleux, des brigands et autres bandits de grand chemin…

Que chaque épisode raconte une histoire indépendante ou ne soit qu’un chapitre d’une saga, on se retrouve emporté par le talent de conteur de Stan Sakaï et par son trait simple, mais jamais simpliste, où la mort est représentée par un rictus et une bulle contenant une tête de mort stylisée, ce qui nous change agréablement des litres de sang giclant de nombreuses blessures apparentes auxquels nous a habitué ce type de littérature.

Trop méconnue chez nous, cette série est pourtant une petite pépite, à la croisée des films de samouraïs et des fables de La Fontaine, avec de l’action, de l’humour, de l’émotion, et une véritable exploration du mode de vie du Japon féodal.